Un chien parle en permanence, mais rarement avec des sons. Les pages qui suivent détaillent ce que disent sa queue, son regard et ses postures, et rappellent pourquoi un animal soumis ou craintif ne doit pas être grondé. De quoi mettre des mots sur des attitudes que l'on croise tous les jours.
Un signal seul ne veut rien dire : lisez l'ensemble
L'erreur la plus fréquente consiste à isoler un détail et à en tirer une conclusion. Une queue qui remue, par exemple, traduit une émotion forte, pas forcément une émotion agréable : elle peut accompagner une excitation, une tension ou une hésitation. Avant d'interpréter, prenez trois secondes pour regarder le reste du corps : le poids est-il porté vers l'avant ou vers l'arrière, les oreilles sont-elles mobiles ou collées, la bouche est-elle détendue ou fermée, le regard est-il fuyant ou fixe.
Deuxième point de vigilance : la morphologie brouille la lecture. Un chien à queue naturellement courte, à oreilles tombantes, à poil long autour des yeux ou à face plate envoie des signaux moins visibles que ses congénères. Ce n'est pas qu'il communique moins bien, c'est que nous voyons moins. Avec ces chiens, observez davantage la silhouette globale, le rythme de la respiration et la vitesse des déplacements.
Enfin, gardez en tête le contexte. Le même comportement n'a pas le même sens dans un couloir étroit, en laisse, devant une gamelle ou dans un jardin ouvert. Un chien qui se raidit quand quelqu'un s'approche de son panier ne demande pas la même chose qu'un chien qui se raidit face à un inconnu dans la rue. Si une réaction vous inquiète, se répète ou change brutalement, un vétérinaire reste l'interlocuteur à consulter : une douleur ou un trouble de la vision modifient aussi le langage corporel.
Décodez le langage de votre chien
Elément significatif pour bien comprendre votre animal, la queue…
La queue d’un chien est une sorte de baromètre indiquant ses émotions et ses motivations.
Si il ne ressent pas d’émotion particulière (il attend, il se promène, il se repose), sa queue est relâchée, sa position est neutre, ni dressée, ni basse, elle est souple et ses mouvements (si il y en a) ne sont que le prolongement des mouvements du corps.
La queue sert aussi de balancier pour l’équilibre du corps.
Lorsque le chien est heureux ou joyeux, sa queue remue de droite à gauche : c’est un indicateur de la bonne humeur de votre chien.
La taille et la forme de la queue peuvent aussi influer sur la qualité de la communication.
Par exemple chez les Bouledogues Anglais, en cas de peur, ce type de chien ne peut pas rentrer sa queue sous le ventre, quand il se montre dominant, il ne peut pas la dresser, etc…
Il en va de même pour les chiens de race primitive, comme le Chow-chow ou le Husky, qui portent la queue haute même quand il ne ressentent pas d’émotions particulières.
Ces particularités physiques peuvent être compensées par les mouvements du corps.
Les postures du chien
Une posture haute ou dite de dominance se caractérise par un haut port de tête, les membres sont tendus, la queue dressée à la verticale et les oreilles sont pointées vers l’avant.
Cette attitude est caractéristique d’une dominance et constitue un signal clair pour un congénère : “Je décide et si tu n’es pas d’accord, viens te battre”.
Si le congénère comprend et accepte le signal en refusant la bataille, il adoptera une position basse.
La capacité qu’a un chien de montrer clairement ses intentions permet, par cette communication claire, d’éviter les conflits.
Lorsqu’un chien ressent de la crainte, il adopte une posture basse et repliée : ses membres sont fléchis, il rentre la tête, sa queue est sous son ventre et il marche en rampant.
Cette posture basse est synonyme de soumission, en se mettant sur le dos et en s’immobilisant, le chien indique qu’il accepte la dominance de l’individu qui est en face et qu’il ne cherchera pas la confrontation.
Ne pas réprimander un chien soumis ou peureux
Les postures de crainte et de soumission ont plusieurs points communs :
*se replier pour se faire tout petit et apaiser l’agresseur
*si l’on réprimande un chien alors que celui-ci adopte une posture basse, c’est qu’il se soumet et qu’il a compris le message
La réprimande doit alors cesser immédiatement, si elle se poursuit, le chien ressentira de plus en plus de crainte et si il lui ai impossible de fuir, sa peur augmentera et le risque d’agression aussi…
Lorsqu’on éduque un chien, il faut toujours penser à adapter son attitude, à la façon de le récompenser ou de le réprimander à la réaction de l’animal.
En cas d’excès, la qualité de la communication en pâtit.
Quand un chien veut inviter un congénère (ou son “maître) à jouer, il adopte une posture de jeu qui est caractéristique :
il se met à une courte distance, lève son train arrière et abaisse son train avant, tape des pattes avant sur le sol.
Il remue la queue et peut aboyer avec des mimiques de chien joyeux.
Source Décodez le langage de votre chien de Valérie Dramard
Questions fréquentes
Une queue qui remue signifie-t-elle toujours qu'un chien est content ?
Non. Une queue en mouvement indique une émotion, sans préciser laquelle. Elle peut accompagner la joie, mais aussi l'excitation ou la tension. C'est la posture d'ensemble, la hauteur de la queue et l'expression de la tête qui permettent de trancher.
Pourquoi ne faut-il pas gronder un chien qui se montre soumis ou peureux ?
Parce qu'il exprime déjà un apaisement ou un inconfort. Le réprimander à ce moment-là ne lui apprend rien d'utile et renforce son malaise. Mieux vaut réduire la pression, lui laisser de l'espace et revenir plus tard sur la situation dans de bonnes conditions.
Comment progresser dans la lecture du langage de son chien ?
En l'observant dans des moments calmes, quand rien de particulier ne se passe, afin de repérer sa posture neutre. Les écarts par rapport à cette référence deviennent ensuite beaucoup plus lisibles, y compris les signaux discrets.